Audition au Sénat [Paris]

par admin6990
Le En ligne le 9 vues 2 minutes ⏱️

Ce jour, Julie était reçue au Sénat pour une audition de la délégation aux collectivités territoriales qui réalise une mission d’analyse de l’explosion du coût de la construction dans les bâtiments publics. Son but est d’objectiver les causes de cette augmentation (crises ? main-d’œuvre? normes, réglementations ?) et de formuler des propositions d’amélioration. La rencontre avec des acteurs de terrain a pour but de nourrir la réflexion avec des retours d’expérience concrets.

Julie a souhaité être accompagnée par Nicole Valkyser-Bergmann, organisatrice du Forum Bois Construction et Julien Cœurdevey, ingénieur cofondateur de 180 degrés Ingénierie.

Les principaux messages passés étaient les suivants :

  • La réglementation incendie actuelle (avec “encapsulage du bois”) est une source majeure de surcouts alors que la France est le seul pays à l’imposer.
  • Un recul des seuils carbone dans les réglementations thermiques 2028 et 2031 en préparation (pour alléger les contraintes) est perçu comme un très mauvais signal pour la filière bois qui a besoin de stabilité et d’une feuille de route claire.
  • Les surcoût de construction en matériaux biosourcés sont surtout des surcoûts d’adaptation de pratiques de conception standardisées non adaptées et révèlent un manque de valorisation du travail de la maitrise d’oeuvre.

Pour illustrer ces propos, Julie a montré l’exemple de son dernier projet : l’Arboretum, bâtiment de bureaux du Cèdre à Paray-le-Monial. 1 200 m² pour oins de 2000€ HT du m2 de SHOB, avec usage de béton de chanvre, pierre massive de Bourgogne, paille et structure en bois massif local. Il n’y a pas de chape, pas de pare-pluie ni pare-vapeur dans les murs grâce aux propriétés hygrométriques des matériaux. 77 tonnes de matériaux de réemploi, dont plus de 50% du second œuvre et des finitions. Par exemple, des solives et poteaux issus de la charpente d’un préau d’école démonté, des cloisons amovibles d’anciens bureaux, des radiateurs en fonte, etc. Le bâtiment en usage aujourd’hui est très apprécié de ses utilisateurs.

Des recommandations ont été faites à la commission :

  • Priorité à la sélection d’équipes de maîtrise d’œuvre compétentes, formées et correctement rémunérées.
  • Favoriser les matériaux locaux et maintenir une diversité de filières (paille, chanvre, lin, coton recyclé, terre crue) pour ne pas épuiser une seule ressource. Accepter l’aspect naturel des matériaux locaux (ex : les nœuds du bois français).
  • Travailler avec des assureurs et contrôleurs formés et ouverts aux pratiques hors DTU.
  • Se méfier d’une confiance aveugle dans les logiciels de calcul (RE2020) qui peuvent parfois bloquer des solutions low-tech et de bon sens.
  • Instaurer une TVA à taux réduit (5,5%) sur les matériaux biosourcés et géosourcés.
  • Ne pas imposer de solutions uniques (ex : toitures végétalisées et panneaux solaires partout) sans analyse contextuelle. Chaque projet doit être adapté à son territoire et à ses besoins spécifiques.